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Les changes lavables, un axe de recherche à fort enjeu dans la réduction des déchets

Publié le : 27 octobre 2016
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La hiérarchie européenne et française des modes de gestion des déchets place la prévention au sommet des priorités des politiques de gestion des déchets : elle considère en effet que « le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas ».
Pour mobiliser les territoires et atteindre les objectifs fixés par la loi de transition énergétique, des appels à projets ont été lancés et, aujourd’hui 153 territoires sont désormais engagés dans des programmes.
Les territoires zéro déchet zéro gaspillage sont des territoires qui réduisent le plus possible la production de déchets et valorisent au mieux ceux qui n’ont pu être évités. Ils ont pris des engagements forts sur la politique des déchets en associant tous les acteurs : citoyens, entreprises, collectivités, associations de protection de l’environnement. Il s’agit d’un véritable projet politique intégré concernant la prévention et la gestion des déchets dans une dynamique d’économie circulaire.
Les objectifs se déclinent en 3 ambitions :
• Réduire de 10 % la production de déchets en 2020
• Recycler 65 % des déchets en 2025
• Réduire de moitié la mise en décharge d’ici 2025

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De fait, les collectivités recherchent de nouveaux axes de prévention et de réduction à la source. Les changes jetables, déchets quotidiens et récurrents (sur une partie de la vie d’un bébé) représentent 5% des ordures ménagères soit 20 kg/hab/an de couches jetés à la poubelle. Les couches jetables sont ainsi un axe à fort potentiel de la prévention des déchets. Un enfant de la naissance à la propreté utilise 4 600 couches jetables, soit une tonne de déchets. A l’échelle de la France cela représente 820 000 tonnes de couches par an. Les collectivités en phase opérationnelle de leur politique de prévention, sont en attente d’un appui technique dans la définition du gisement, des retours d’expériences riches pour appréhender les contraintes et les conditions de réussite.
Les changes lavables ont plusieurs cibles (les ménages, les crèches, les assistantes maternelles, les maternités et les maisons de retraites), et le développement de leurs usages a 3 impacts forts : environnemental, social et économique.

Les initiatives se multiplient en France et en Europe et la création d’outils par l’ADEME confirme les attentes des collectivités. La première rencontre des professionnels des couches lavables organisée par Zero Waste France en mai 2016 à Paris arrive au même constat : une attente forte de création d’une nouvelle structure pour promouvoir les Changes Lavables et fédérer les acteurs.

Depuis 2010 des associations ont œuvré au déploiement d’offres de service de location-lavage de changes sans connaître le succès escompté. L’objectif de structuration d’un réseau est donc de capitaliser les expériences afin que chaque acteur intéressé à la démarche des changes lavables puisse trouver les écueils à ne pas reproduire et adapter à son contexte les facteurs clés de réussite.

Des solutions techniques à l’apport des sciences sociales : l’appui du Lab’INDDIGO

Inddigo a élaboré une méthode d’accompagnement partant du diagnostic initial jusqu’à la dynamique du changement. Cette approche a été éprouvée en structure collective auprès de crèches, de maison de retraite et étendue à une expérimentation individuelle interne et externe sur les protections féminines lavables en partenariat avec l’ADEME Rhône-Alpes.

Le Facteur Humain à travers l’adhésion des différents acteurs est un pan nécessaire et un levier à la réussite de tous projets modifiant les usages et nécessite de ce fait de connaître les verrous ou freins existants : il est primordial de comprendre les résistances à l’œuvre.

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De cet objectif d’identifier les freins et moteurs au changement de futurs usagers est né le besoin de faire appel au Lab’INDDIGO[1]Labo d’idées, d’usages et d’expériences : il a permis par une stratégie en 3 temps (questionnaire d’approche, questionnaire d’usages et entretien semi-directif individuel) d’appréhender la pratique du change au sein de familles de collaborateurs volontaires. C’est un peu l’ADN d’Inddigo, précurseur/novateur/pionnier qui a été associé à ces travaux de suivi d’expériences en interne et en externe, d’étudier simultanément les approches techniques et sociales qui nous permettent de repositionner l’humain au cœur de la réflexion pour une appropriation efficiente de nouvelles pratiques.

Les résultats des travaux du Lab’Inddigo ont été présentés à l’association La Mandragore, acteur de la société civile, pour les confronter à leur expérience en tant que structure qui promeut les couches lavables auprès de particuliers et des crèches : atelier de sensibilisation et démonstration de couches lavables, atelier de confection de changes lavables, prêt de kits d’essai, accompagnement des professionnels. Parce que la richesse des expériences externes à Inddigo, l’open innovation, l’intelligence collective est au cœur de notre démarche.

Il apparaît que l’ensemble des usagers du change lavable rencontre tous les mêmes difficultés socio-techniques mais que les attentes ou freins peuvent être différents. Le change lavable est une solution née d’un besoin sanitaire pour son enfant ou/et de réduction des déchets. Pour des parents déjà matures dans leurs démarches environnementales et alternatives, le change lavable apparaît comme une solution… souvent mixée aux jetables. Aujourd’hui, nos rythmes de vie, nos convictions et nos choix font émerger des solutions mixtes : lavables et jetables selon les moments de la journée, les lieux ou les activités, ou encore les personnes qui prennent soin de l’enfant .Il n’existe pas un comportement vertueux mais une réflexion en amont avec des objectifs propres à chaque usager.

Les résultats du Lab’Inddigo font écho à des travaux de recherche sur la complexité des changements de pratiques tels que manger bio par intermittence et mis en lumière par les travaux de Claire Lamine. Ils confortent notre expérience technique et la nécessité de l’associer à une méthode d’accompagnement au changement. Parce que dans chaque projet intégrant une dimension nouvelle sur le mode de vie, il y a une part d’humain à rassurer.

[1] Le Lab’INDDIGO a également été un appui pour les projets de recherche Phyt’Office, marketing individualisé déplacement domicile-travail, l’expérimentation Inddiladies sur les protections féminines et plus récemment l’Indemnité Kilométrique Vélo (IKV).