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Energie et Economie Circulaire : la Transition passera par les territoires

Publié le : 29 février 2016
Auteur : Bruno Lhoste
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Les objectifs ambitieux de la loi pour la Transition Energétique Pour la Croissance Verte et le volontarisme affiché lors de la COP21 ont bien des difficultés à se traduire concrètement,  et la vitesse de transformation n’est aujourd’hui clairement pas à la hauteur du calendrier que nous devrions suivre pour respecter nos engagements.

Investir dans les territoires et renforcer leur capacité d’action autonome pour accélérer la transition, c’est ce à quoi nous invitait le réseau Territoires à Energie Positive (TEPOS), dont est membre Inddigo, dans une tribune du monde du 4 février dernier, intitulée « Autonomiser les territoires pour engager la transition énergétique dans la durée ». Cette tribune souligne le dynamisme des actions concrètes qui  se multiplient dès aujourd’hui dans les territoires « au plus près des citoyens, des entreprises et de leurs besoins énergétiques ». Il met en avant également la proposition originale du sénateur Ronan Dantec, porte-parole climat du réseau mondial de villes « Cités et gouvernements locaux unis »,  d’attribuer aux collectivités locales une dotation « énergie-climat », en complément de la dotation générale de fonctionnement, pour leur permettre d’exercer efficacement les responsabilités que l’Etat leur confie avec les plans climat-air-énergie territoriaux :

Une telle mesure permettrait à la fois à l’Etat de maîtriser ses dépenses et d’assurer son rôle légitime de régulateur et de stratège, et aux territoires de renforcer leurs capacités d’investissement dans des projets verts en toute autonomie décisionnelle. Il en résultera rapidement des projets aboutis, structurés, qui généreront alors des retombées financières et économiques pour les territoires (revenus, recettes fiscales, emplois etc.) aptes à enclencher un cercle vertueux.

Générer des retombées économiques et des emplois pour les territoires à travers un cercle vertueux, c’est justement l’objectif des démarches d’Ecologie Circulaire, qui dépassent le domaine de  l’énergie en l’élargissant à l’ensemble des ressources. Tirer partie des ressources locales naturelles, techniques et humaines des territoires pour les redynamiser, tout en diminuant la consommation de ressources non renouvelables et l’empreinte écologique, c’est tout l’enjeu de ces approches, qui cherchent à renouveler les stratégies de développement territorial. Elles conduisent à repenser l’aménagement et les infrastructures pour promouvoir les circuits courts et la valorisation des productions locales plutôt que – ou en complément de – se connecter aux grands réseaux mondialisés. C’est ce thème «Intégrer l’économie circulaire dans les stratégies territoriales d’aménagement » que va explorer pendant les 18 prochains mois le groupe de travail Economie Circulaire et Territoires de l’association OREE, groupe présidé par Cyril ADOU, expert en Economie Circulaire au sein d’Inddigo.   Il se propose ainsi d’explorer les différents modes d’inscription des démarches d’ Economie Circulaire portées par les villes et leurs territoires associés, au niveau infrarégional, au travers des questions suivantes : quelles sont les relations à créer entre la ville et son territoire d’influence pertinent,  pour chaque famille de flux, dans le cadre d’une logique de circularité ? Quelle influence auront les choix d’aménagement de l’espace aux différentes échelles, de la conception d’un bâtiment à la zone d’influence de la ville, en passant par l’aménagement du quartier ou de la zone d’activité ? Comment les principes de la  circularité  peuvent ils être mobilisés et mis en œuvre par les outils de planification existants ? Comment la mise en œuvre de la circularité va-t-elle influencer la création de richesse au sein du périmètre urbain et de son territoire d’influence ? Quels seront les effets sur les impacts environnementaux ? Quels freins dans le cadre institutionnel et règlementaire actuel ? Quels leviers sont mobilisables ? Un premier atelier de travail de ce cycle se tient le 9 mars, consacré à la place du foncier dans l’Economie Circulaire territoriale.
Bouleversant notre tradition jacobine, c’est à une nouvelle répartition des rôles entre un état stratège et régulateur et des territoires acteurs, animateurs et expérimentateurs, partageant leurs expériences à travers des réseaux associatifs comme TEPOS ou OREE, que nous sommes invités aujourd’hui pour mettre en œuvre avec efficacité la transition  écologique.